Samedi 6 septembre 2016 -Le Tour au Lièvre- Selles-sur-Cher

La sortie commence à la lisière du site avec la cueillette de mûres mures aussitôt dégustées, leur transformation en gelée,DSC03815 confiture ou sirop demanderait d'y consacrer du temps. Devant cette ronce souvent mal aimée vient l'évocation de ses multiples bienfaits avec ses bourgeons, ses fleurs, ses tiges, son feuillage et bien sûr ses fruits qui nourrissent quantité d'animaux. L'observation des arbustes nous révèle le nerprun purgatif aux fruits noirs, l'aubépine monogyne chargée de cenelles rouges et le fusain d'Europe abondant sur le site, réalisés la veille, des petits bâtons carbonisés de son bois sont offerts à chaque participant, histoire de souligner leur usage ancestral pour le dessin.

Au début du circuit balisé la robineraie domine. D'origine nord américaine, le robinier faux acacia, ordinairement appelé acacia - ce qu'il n'est pas, alors que le mimosa en est un - présente un bois dur et imputrescible très employé dans le monde rural; Claude Picoux en a apporté un  bel exemple sous la forme d'une échelle façonnée de ses mains. Le caractère invasif de ce ligneux drageonnant est évoqué, ce qui a justifié plusieurs chantiers bénévoles pour limiter son expansion sur le site au bénéfice de la prairie.

 Au même endroit deux lianes abondantes au Tour au Lièvre, la clématite accompagnée du houblon, s'élèvent agripées aux robiniers. On tresse encore des paniers, parfois très grands, avec la première dont les longues fibres ligneuses supportaient le linge à sécher, quant à la seconde, sa nature herbacée ne l'empêche d'envisager de grandes dimensions que les perches des houblonnières portent pour produire, à partir des pieds femelles, le lupulin, cette poudre dorée qui parfume la bière. Le long du Cher, s'invitent l'orme lisse, le saule cassant, le frêne élevé dont certains sujets sont conduits en têteaux, gestion paysanne de l'arbre répandue pour des services nombreux (bois d'oeuvre et bois bûche, fourrage...). Sur un rejet d'une jeune trogne d'érable négundo, scié et posé au sol, chacun détaille les critères qui indiquent l'âge du rameau, ici témoin d'un étêtage de 5 ans. Au niveau des herbacées, la sécheresse et la date de la sortie réduisent les observations ; par endroit, le lierre terrestre, dont un léger parfum s'exhale au passage, tapisse le sous-bois de ses feuilles encore vertes qui, tendres, se marient avec le fromage frais de chèvre. Il est trop tard pour cueillir l'ortie destinée à la soupe ou la tourte, mais les recettes imprimées offertes pourront être mises en application l'année prochaine, enrichies des commentaire et expériences des nombreux participants de la sortie. Dans la prairie nous attend un pied de chicorée aux fleurs d'un bleu caractéristique, ses racines torréfiées donnent la boisson amère éponyme. Abondante est la porcelle enracinée avec ses capitules jaunes, mais il faut patienter la fin de l'hiver pour consommer ses feuilles en salade. Bien d'autres commentaires et échanges alimentent la sortie pendant laquelle Claude Picoux a réalisé un sifflet en sureau et Jean-Claude Beauvais un cerceau en troène et en sureau comme il le faisait dans sa jeunesse pour fixer une nasse et pêcher dans le Cher.

 DSC03816DSC03818

Conservatoire des espaces naturels du Loir-et-Cher